Série Les besoins du système
Introduction
Bienvenue dans cette nouvelle série. Si tu as parcouru Les émotions comme signaux, tu sais déjà que ton corps possède une intelligence remarquable, qu’il communique à travers des sensations, des élans, des ralentissements, des tensions, des vagues subtiles qui te traversent. Dans cette série‑là, tu as appris à écouter les émotions comme des messagères. Maintenant, tu vas descendre d’un étage de plus, vers ce qui se trouve en dessous de chaque émotion, de chaque réaction, de chaque mouvement intérieur. Tu vas aller à la rencontre de tes besoins.
Les
besoins dont nous allons parler ne sont pas des caprices ni des désirs
superficiels. Ce sont des besoins fondamentaux, aussi essentiels que l’eau et
la nourriture, mais souvent invisibles, souvent négligés, souvent mal compris.
Ils sont les piliers silencieux sur lesquels repose l’équilibre de ton système
entier. Quand ils sont nourris, tu le sens dans la fluidité de tes journées,
dans la clarté de ton esprit, dans la souplesse de ton corps, dans la qualité
de tes relations. Quand ils sont ignorés, les signaux se multiplient, les
émotions s’intensifient, la fatigue s’installe, et quelque chose en toi se met
à chercher, sans toujours savoir quoi.
Imagine
ton système intérieur comme un jardin. Un jardin a besoin de lumière, d’eau, de
terre riche, d’espace, de temps, de soins réguliers. Si l’un de ces éléments
manque, le jardin ne meurt pas tout de suite. Il s’adapte, il compense, mais
progressivement, les fleurs perdent leur éclat, les feuilles jaunissent, les
racines s’affaiblissent. Il en va de même pour toi. Quand un besoin fondamental
n’est pas nourri, ton système s’adapte, compense, tient bon… jusqu’au moment où
il ne peut plus.
Dans
cette série, tu vas explorer six besoins essentiels : la sécurité, le repos, le
lien, le mouvement, le sens et les limites. Pour chacun, tu découvriras ce qui
se passe quand ce besoin est comblé, ce qui se passe quand il ne l’est pas, et
tu pratiqueras un geste simple, concret, incarné, pour commencer à y répondre,
ici et maintenant.
Avant
de continuer, prends un moment pour arriver ici. Pas dans un lieu extérieur,
mais dans cet espace intérieur que tu connais déjà, cet espace où la
respiration se dépose, où le corps se relâche un peu, où tu peux être
exactement là où tu en es. un instant pour écouter ton paysage intérieur.
Laisse
ton souffle descendre jusqu’au ventre, jusqu’au bassin, jusqu’à cet endroit en
toi qui est rarement visité dans le rythme du quotidien. Tu n’as rien à
réussir. Tu entres simplement dans un parcours qui parle de toi, de ton
organisme vivant, de ce qui te soutient depuis toujours.
Y
a‑t‑il de la fatigue, de la lourdeur, de l’agitation, un besoin de silence, un
besoin de chaleur humaine, un besoin d’espace ? Laisse la question résonner.
Elle n'a pas besoin de réponse tout de suite. Elle a besoin d'espace, de
respect, de silence. Et c'est exactement ce que tu lui offres en étant ici.
Et
dis-toi : Quand je sortirai doucement de cet exercice, je m'invite à
laisser venir cette question, avec douceur : Qu'est-ce que je remarque déjà
dans mes rythmes intérieurs, avant même de commencer la série ?
Je
pourrai écrire ce qui m'a touché, ou simplement rester avec ma respiration
encore un instant. Et si j'en ai envie, je peux déposer ces réflexions dans mon
journal, pour les retrouver à la fin du parcours.
Prochain
épisode 1 La sécurité Quand tu te sentiras prêt, tu pourras y entrer. La
sécurité t’y attend, comme le sol sous tes pieds.
Épisode 1 La Sécurité Le sol sous les pieds
Pose‑toi.
Non pas seulement physiquement, tu es probablement déjà assis, mais
intérieurement. Pose cette partie de toi qui est toujours en train de scanner,
d’anticiper, de prévoir, de se préparer au pire. Donne‑lui la permission de se
reposer, ne serait‑ce que pour la durée de cette lecture. Tu vas explorer le
besoin le plus fondamental de ton système, celui sur lequel tous les autres
reposent, comme les fondations d’une maison sur lesquelles s’élèvent les murs,
les fenêtres et le toit. Ce besoin, c’est la sécurité.
Ton
système nerveux possède un radar interne qui ne s’éteint jamais. Avant même que
ta pensée consciente n’ait le temps d’analyser une situation, ton corps a déjà
décidé si tu es en sécurité ou en danger. Il a lu les visages autour de toi,
évalué les sons, senti les vibrations de l’espace. Et en fonction de cette
évaluation, il a ajusté ton état interne. Quand la sécurité est présente, le
corps s’ouvre. Quand elle manque, il se ferme.
Quand
le besoin de sécurité est comblé, tu le sens dans tout ton corps. Les épaules
sont basses et souples, la respiration est profonde et régulière, le regard est
doux et ouvert, la mâchoire est détendue. Tu es capable de penser clairement,
de ressentir pleinement, de te connecter aux autres avec chaleur et confiance.
La sécurité ne signifie pas l’absence de tout risque. Elle signifie que ton
système a suffisamment de repères stables pour naviguer l’incertitude sans se
contracter.
Quand
ce besoin n’est pas comblé, les signaux sont multiples. L’hypervigilance
s’installe. Le sommeil devient léger, fragmenté. Les muscles du cou, des
épaules et du dos se contractent comme une armure. Les relations deviennent
compliquées, car il est difficile de faire confiance quand le système est
convaincu que le danger est partout. Parfois, c’est le retrait qui apparaît,
cette tendance à s’isoler pour éviter l’imprévisible.
Je
t’invite maintenant à un exercice simple
et profond. Fais-le, comme si tu te parlais à toi-même :
Je
presse doucement mes pieds contre le sol. Je sens la résistance, la solidité,
la fiabilité de ce sol qui ne se dérobe pas. Je laisse cette sensation remonter
le long de mes jambes, comme une racine inversée, du sol vers mon corps, de la
terre vers mon cœur. Je respire dans cette stabilité. Je me dis intérieurement
: je suis ici, je suis tenu, le sol est sous mes pieds.
Puis
j’élargis ma perception. Je remarque les autres soutiens dans ma vie. Une
personne qui serait là si je tombais. Un lieu qui m’apaise. Une habitude qui
structure mes journées. Je laisse ces repères se déposer en moi comme des
pierres stables.
Demande‑toi
: dans quels domaines de ma vie est‑ce que je me sens en sécurité, et dans
quels domaines cette sécurité me manque‑t‑elle ? Quel geste concret pourrais‑je
poser aujourd’hui pour honorer ce besoin ?
Je
peux noter dans mon journal ce que la sécurité m’a révélé aujourd’hui. Où est‑ce
que je me sens tenu, et où est‑ce que mon système cherche encore un sol plus
ferme ?
Prochain
épisode 2 Le Repos
Tu viens de rencontrer le sol. Maintenant, ton système t’invite à rencontrer le
silence qui restaure.
Épisode 2 Le Repos Le silence qui restaure
Le
repos est peut‑être le besoin le plus malmené de notre époque. Nous vivons dans
un monde qui valorise la productivité, l’occupation constante, l’efficacité à
tout prix. Dans ce contexte, se reposer peut ressembler à un aveu de faiblesse,
à une perte de temps, à un luxe réservé à ceux qui n’ont pas assez de
responsabilités. Et pourtant, ton corps sait que le repos n’est pas l’opposé de
l’action. Il en est la condition.
Quand
le besoin de repos est comblé, le système entier fonctionne différemment.
L’esprit est clair, vif, capable de concentration sans effort. Le corps est
souple, les mouvements sont fluides, la digestion est légère. Les émotions se
régulent plus facilement parce que le système nerveux a suffisamment de
ressources pour gérer les stimulations du quotidien. La créativité revient, les
idées circulent, les solutions apparaissent comme si elles avaient toujours été
là.
Quand
ce besoin est négligé, les conséquences s’accumulent. Le brouillard mental
s’installe. L’irritabilité augmente. Le corps parle à travers des tensions, des
maux de tête, des infections à répétition. Et au bout du chemin, si rien ne
change, il y a l’épuisement, ce moment où le système dit non de toutes ses
forces parce que personne ne l’a dit à sa place.
Je
t’invite maintenant à un exercice de
pause consciente. Fais-le, comme si tu te parlais à toi-même :
Je
m’accorde deux minutes pour ne rien faire. Pas méditer. Pas respirer d’une
façon particulière. Juste ne rien faire. Je laisse mes pensées aller et venir
comme des nuages. Je laisse mon corps être exactement comme il est. Je ne
corrige rien. Je ne force rien. Je me donne la permission d’exister sans
produire.
Si
une voix intérieure me dit que je perds mon temps, je la remarque et je la
laisse passer. Je reviens à cette simple présence. Je me dis intérieurement :
je me repose, et c’est suffisant.
Demande‑toi
: quand ai‑je véritablement reposé pour la dernière fois ? Qu’est‑ce qui
m’empêche de me reposer ? Et cette raison est‑elle aussi importante que je le
crois ?
Je
peux écrire ce que le repos m’a montré aujourd’hui. Qu’est‑ce qui en moi
demande une pause, et quel geste simple pourrais‑je offrir à mon système pour
l’honorer ?
Prochain
épisode 3 Le Lien
Tu viens de rencontrer le silence. Maintenant, ton système t’invite à
rencontrer la chaleur qui relie.
Épisode 3 Le Lien Le fil invisible
Ferme
les yeux un instant et pense à quelqu’un que tu aimes. Remarque la chaleur qui
apparaît dans ta poitrine. Cette chaleur est réelle. Elle est la signature du
lien, et le lien est l’un des besoins les plus profonds de ton système.
L’être
humain est un être social par constitution. Ton système nerveux a été construit
pour fonctionner en relation avec d’autres systèmes nerveux. Dès les premières
heures de ta vie, ton corps a cherché le contact, le regard, la voix, la
chaleur d’un autre corps. Cette recherche n’était pas un caprice. C’était une
nécessité biologique.
Quand
le besoin de lien est comblé, tu le sens dans une aisance particulière. Tu peux
être vulnérable sans te sentir menacé. Tu peux te laisser toucher. Tu peux te
laisser soutenir. La co‑régulation, cette capacité des systèmes nerveux à
s’apaiser mutuellement, devient possible. Un câlin sincère peut calmer une
tempête intérieure. Une voix aimée peut dissiper un brouillard mental.
Quand
ce besoin n’est pas comblé, l’isolement s’installe. Parfois bruyamment, parfois
subtilement. Tu peux être entouré et pourtant profondément seul. Le corps
réagit à l’isolement comme à un danger : augmentation du cortisol,
inflammation, perturbation du sommeil, diminution de l’immunité. La solitude
prolongée est un stress biologique.
Je
t’invite maintenant à un exercice de
connexion invisible. Fais-le, comme si tu te parlais à toi-même :
Je
visualise les fils qui me relient aux personnes importantes de ma vie. Chaque
fil part de mon cœur et rejoint le cœur d’une autre personne. Certains fils
sont anciens et solides. D’autres sont fins et récents. Tous font partie de ma
toile.
Je
choisis un fil et j’envoie un courant de chaleur le long de ce lien. Comme si
je soufflais doucement sur une braise. Je n’ai rien besoin de dire. Je laisse
simplement la mémoire du lien s’activer en moi.
Demande‑toi
: quels liens sont nourris en ce moment ? Quels fils se sont effilochés ? De
quelle forme de connexion ai‑je besoin aujourd’hui ?
Je
peux déposer dans mon journal ce que le lien m’a révélé aujourd’hui. Quels fils
de ma toile ont besoin d’être nourris, et vers quelle présence mon cœur
m’invite‑t‑il à me tourner ?
Prochain
épisode 4 Le Mouvement Tu viens de rencontrer la chaleur du lien.
Maintenant, ton système t’invite à rencontrer l’élan du corps.
Épisode 4 Le Mouvement Le corps qui s’exprime
Ton
corps n’a pas été conçu pour rester immobile. Il a été façonné par des
millénaires de marche, de course, de danse, de travail physique. Chaque
articulation est une invitation au mouvement. Chaque muscle est une promesse de
puissance. Chaque fascia est un réseau vivant qui ne reste souple que lorsqu’il
est sollicité régulièrement.
Quand
le besoin de mouvement est comblé, la vitalité circule. L’esprit est plus
clair. Les émotions se régulent plus facilement. Le corps retrouve sa fluidité
naturelle. Le mouvement est l’un des canaux les plus anciens de libération
émotionnelle.
Quand
ce besoin n’est pas comblé, le corps parle par la tension. Les muscles se
contractent. Les articulations deviennent raides. L’agitation intérieure
augmente. L’énergie stagne et se transforme en inconfort.
Je
t’invite maintenant à un exercice simple.
Fais-le, comme si tu te parlais à toi-même :
Je
commence par mes pieds. Je soulève mes orteils. Je fais tourner mes chevilles.
Je laisse l’énergie s’éveiller dans mes extrémités. Puis je bouge mes mains,
mes poignets. Je laisse mon corps se balancer doucement, comme un arbre dans un
vent léger. Je laisse le mouvement être petit ou grand, selon ce que mon corps
demande.
Si
je me lève, j’étire mes bras vers le ciel. Je bâille si un bâillement vient. Je
secoue mes mains comme si je secouais de l’eau. Je laisse l’énergie circuler.
Demande‑toi
: est‑ce que mon corps bouge assez ? Quel mouvement me ferait du bien
aujourd’hui ?
Je
peux écrire ce que le mouvement m’a appris aujourd’hui. Quelle partie de mon
corps demande à s’exprimer, et quel geste pourrait lui redonner de la fluidité
?
Prochain
épisode 5 Le Sens
Tu viens de rencontrer l’élan du corps. Maintenant, ton système t’invite à
rencontrer la direction intérieure.
Épisode 5 Le Sens La boussole intérieure
Il
y a des matins où tu te lèves avec un élan. Quelque chose te tire vers l’avant.
Le corps se met en mouvement presque tout seul. Et il y a d’autres matins où
une question lourde apparaît : pourquoi ? Pourquoi recommencer ? Pourquoi cette
routine ? Pourquoi ce chemin ?
Cette
question est le signal que ton besoin de sens n’est pas nourri.
Le
sens n’est pas un luxe philosophique. C’est un besoin biologique. Ton système
nerveux est organisé autour de la motivation, cette capacité à se projeter vers
un but et à mobiliser l’énergie nécessaire pour l’atteindre.
Quand
le sens est présent, tu te sens aligné. Même les gestes ordinaires prennent une
couleur particulière. Ils s’inscrivent dans une direction qui te ressemble.
Quand
le sens manque, le vide s’installe. L’ennui devient chronique. Les choix
deviennent arbitraires. L’énergie tourne en rond. Parfois, on cherche le sens à
l’extérieur, alors qu’il attend à l’intérieur.
Je
t’invite maintenant à un exercice d’attention.
Fais-le, comme si tu te parlais à toi-même :
Je
ferme les yeux et je repasse ma journée d’hier. Je cherche les moments où j’ai
senti que ce que je faisais comptait. Un échange sincère. Un geste de
créativité. Une tâche accomplie avec cœur. Je remarque ce qui se passe dans mon
corps quand je retrouve ces moments. Une chaleur. Un redressement. Une
légèreté.
Je
me demande ensuite : qu’est‑ce qui donne du sens à ma vie en ce moment ? Pas ce
qui devrait en donner. Pas ce que les autres valorisent. Mais ce qui, pour moi,
rend certains jours plus vivants que d’autres.
Demande‑toi
: si je pouvais ajouter un peu plus de sens à ma semaine prochaine, par quel
geste commencerais‑je ?
e
peux noter dans mon journal ce que le sens m’a montré aujourd’hui. Qu’est‑ce
qui donne de la direction à ma vie en ce moment, et quel petit pas pourrait
nourrir cette direction ?
Prochain
épisode 6 Les Limites
Tu viens de rencontrer la direction intérieure. Maintenant, ton système
t’invite à rencontrer la clôture qui protège.
Épisode 6 Les Limites La clôture qui libère
Tu
as peut‑être remarqué, au fil de cette série, que les besoins dont nous parlons
ne sont pas des entités séparées mais des vases communicants. Et parmi eux, le
besoin de limites est celui qui permet aux autres de respirer.
Les
limites ne sont pas des murs. Elles sont des clôtures vivantes, comme celles
d’un jardin. Elles protègent ce qui pousse. Elles définissent ce qui
t’appartient et ce qui ne t’appartient pas. Elles permettent à ton énergie de
circuler sans se perdre.
Quand
le besoin de limites est comblé, tu te sens clair. Tu sais dire oui. Tu sais
dire non. Tu sais où tu commences et où tu termines. Tu peux être en relation
sans te dissoudre. Tu peux être généreux sans t’épuiser.
Quand
ce besoin n’est pas comblé, la confusion s’installe. Tu dis oui alors que ton
corps dit non. Tu te sens envahi. Tu te sens coupable. Tu te sens vidé. Tu te
sens flou. Le système nerveux se contracte parce qu’il ne sait plus où est la
frontière.
Je
t’invite maintenant à un exercice de
délimitation intérieure.
Fais-le,
comme si tu te parlais à toi-même : Je place une main sur ma poitrine
et une main sur mon ventre. Je respire lentement. Je me dis intérieurement :
ceci est mon espace. Je sens les contours de mon corps. Je sens la frontière
douce entre moi et le monde. Je laisse cette frontière devenir claire, non pas
rigide, mais vivante.
Puis
je me demande : où ai‑je dit oui alors que je voulais dire non ? Où ai‑je dit
non alors que j’avais envie de dire oui ? Je laisse les réponses venir sans
jugement.
Demande‑toi
: quelle limite ai‑je besoin de poser aujourd’hui pour me respecter
davantage ?
Je
peux écrire ce que les limites m’ont révélé aujourd’hui. Où ai‑je besoin de me
protéger davantage, et quelle frontière douce pourrais‑je poser pour me
respecter ?
Prochain
épisode 7 Intégration
Tu viens de rencontrer la clôture qui protège. Maintenant, ton système t’invite
à regarder l’ensemble comme un écosystème vivant.
Épisode 7 Intégration L’écosystème vivant et Conclusion
Tu
as traversé les six besoins fondamentaux. Il est temps maintenant de prendre du
recul, de regarder l’ensemble, de sentir comment tout cela joue ensemble en
toi. Tu te trouves dans un espace plus vaste, un espace d’où tu peux contempler
ton paysage intérieur avec une clarté nouvelle. Prends un moment pour honorer
le chemin parcouru.
Imagine
ton système intérieur comme un jardin. Chaque besoin est un élément de cet
écosystème. La sécurité est la terre. Le repos est l’ombre. Le lien est l’eau.
Le mouvement est le vent. Le sens est la lumière. Les limites sont la clôture
vivante qui protège l’ensemble.
Aucun
de ces éléments n’est de trop. Aucun ne peut être ignoré sans que l’équilibre
ne s’en ressente. Ensemble, ils forment ton intelligence profonde, ta capacité
à vivre, à aimer, à créer, à te réguler.
Je
t’invite maintenant à un exercice d’intégration.
Je
ferme les yeux et je fais un scan panoramique de mon jardin intérieur. Je
commence par mes pieds et je remonte lentement jusqu’au sommet de ma tête. À
chaque étape, je me demande : quel besoin parle ici ? Est‑ce la sécurité qui
cherche un sol plus ferme ? Est‑ce le repos qui demande une pause ? Est‑ce le
lien qui appelle une présence ? Est‑ce le mouvement qui veut circuler ? Est‑ce
le sens qui cherche une direction ? Est‑ce une limite qui veut être posée ?
Je
ne juge rien. Je ne corrige rien. Je me contente d’écouter. Je laisse chaque
besoin se présenter comme une plante de mon jardin. Certaines sont vigoureuses.
D’autres manquent d’eau. D’autres encore ont besoin d’être taillées. Je les
regarde avec douceur, comme un jardinier qui observe son terrain au matin.
Puis
je choisis un besoin, un seul, celui qui parle le plus fort aujourd’hui. Je lui
offre un geste concret. Si c’est la sécurité, je presse mes pieds contre le
sol. Si c’est le repos, je prends une respiration plus lente. Si c’est le lien,
j’envoie une pensée chaleureuse à quelqu’un. Si c’est le mouvement, je bouge
une articulation. Si c’est le sens, je me rappelle un moment qui comptait. Si
ce sont les limites, je me dis intérieurement : ceci est mon espace.
Fais-le,
comme si tu te parlais à toi-même : Je laisse ce geste nourrir mon
système comme on arrose une plante. Je sens ce qui change en moi, même
légèrement.
Demande‑toi
maintenant : Quel besoin est le plus nourri en ce moment ? Quel besoin est le
plus négligé ? Quel petit geste pourrais‑je poser aujourd’hui pour rééquilibrer
mon jardin intérieur ?
Tu
peux écrire dans ton journal ce que tu observes. Pas pour analyser. Pas pour
comprendre. Juste pour déposer. Pour te rappeler que ton système parle, et que
tu sais maintenant l’écouter.
Prends
un moment pour remercier ton jardin intérieur. Merci à la sécurité pour son
sol. Merci au repos pour son ombre. Merci au lien pour son eau. Merci au
mouvement pour son vent. Merci au sens pour sa lumière. Merci aux limites pour
leur clôture vivante.
Chacun
de ces besoins est une preuve que ton système fonctionne, qu’il est vivant,
intelligent, engagé dans la tâche immense de te garder en équilibre.
Conclusion
Tu
viens de contempler ton jardin intérieur. Maintenant, il est temps de refermer
doucement ce parcours, avec la même douceur que celle avec laquelle tu l’as
traversé.
Tu
es arrivé au terme de ce parcours. Tu as traversé les six besoins fondamentaux,
un par un, avec douceur, avec curiosité, avec cette présence intérieure qui
s’est affinée au fil des épisodes. Tu as rencontré la sécurité, le repos, le
lien, le mouvement, le sens et les limites. Tu les as écoutés, ressentis,
parfois reconnus, parfois découverts. Et maintenant, quelque chose en toi sait
un peu mieux comment ton système fonctionne, ce qui le nourrit, ce qui
l’apaise, ce qui le soutient.
Prends
un moment pour sentir ce qui a changé en toi. Peut‑être une respiration plus
ample. Peut‑être un peu plus de clarté. Peut‑être une présence plus stable.
Peut‑être simplement une conscience nouvelle de ce qui se passe en toi. Rien
n’a besoin d’être spectaculaire. Les transformations profondes sont souvent
silencieuses, comme une terre qui s’humidifie après une longue sécheresse.
Imagine
ton système intérieur comme un jardin. La sécurité est la terre qui te porte.
Le repos est l’ombre qui te protège. Le lien est l’eau qui circule. Le
mouvement est le vent qui t’anime. Le sens est la lumière qui te guide. Les
limites sont la clôture vivante qui préserve ton espace.
Ce
jardin est vivant. Il change. Il respire. Il a besoin de toi. Et toi, tu sais
maintenant l’écouter.
Je
t’invite à un dernier geste d’intégration. Fais-le, comme si tu te parlais à
toi-même : Je ferme les yeux et je laisse venir la question : quel
besoin parle le plus fort en moi aujourd’hui ? Je laisse la réponse apparaître
sans forcer. Je remarque aussi quel besoin est nourri, lequel est en attente,
lequel appelle un geste simple. Je respire avec ce que je découvre, sans
jugement, avec douceur.
Je
peux noter dans mon journal ce que mon jardin intérieur m’a révélé à la fin de
ce parcours. Quel besoin demande mon attention aujourd’hui, et quel petit geste
pourrais‑je lui offrir pour honorer ma vitalité ?
Tu
peux revenir à cette série aussi souvent que tu en ressentiras le besoin. Les
besoins ne disparaissent pas parce qu’on les a compris une fois. Ils
reviennent, ils se transforment, ils se répondent. Et maintenant, tu sais les
reconnaître. Tu sais les approcher. Tu sais les nourrir.
Et
avant de refermer ce parcours, pose une main sur ton cœur. Sens la chaleur de
ta paume, le battement fidèle sous tes doigts. Dis‑toi simplement : je suis
vivant, je suis sensible, je suis en chemin. Et c’est suffisant.
Tu
peux maintenant reprendre le fil de ta journée, avec peut‑être un peu plus
d’espace, un peu plus de clarté, un peu plus de douceur envers toi‑même. Les
besoins continueront de parler en toi. Et toi, tu sauras les écouter.
(Note
: Le masculin est utilisé pour alléger le texte.)
SySa
Relation d'aide
Sylvie Savard, pédagogue
Hypnothérapeute - Maître-praticienne PNL - Praticienne EFT - Praticienne TCC
819 347-7664 - sybille6936@gmail.com - https://sysarelaide.blogspot.com/
