Le rituel du petit pas
Réconcilier action et douceur dans l’accompagnement
« Le petit pas n’est pas petit. Il est juste. Il est là
où le corps peut aller, là où le cœur consent. »
Il arrive que l’élan vers le changement se heurte à une
forme d’immobilité. Non pas un refus, mais une attente, une hésitation, un
vertige devant l’ampleur de ce qui semble à faire. Dans ces moments, le « petit
pas » devient un allié précieux. Il ne force rien, ne brusque pas. Il propose.
Il ouvre. Il ritualise l’action pour qu’elle devienne possible, douce, et
soutenante.
Dans cette chronique, je vous invite à explorer comment le
rituel du petit pas peut transformer l’accompagnement, en réconciliant le
mouvement et la sécurité, l’intention et la tendresse.
Quand l’action devient trop lourde
Dans les parcours d’aide, l’invitation à « passer à l’action
» peut parfois peser. Elle peut réveiller des peurs, des résistances, des
souvenirs de tentatives avortées. Elle peut aussi activer le système de
récompense du cerveau, qui préfère le soulagement immédiat à l’effort différé.
Alors, on reporte, on évite, on s’épuise à ne pas faire.
Mais derrière cette inertie, il y a souvent une sagesse :
celle du corps qui dit « pas encore », celle du cœur qui demande « autrement ».
Le petit pas comme rituel
Un petit pas, ce n’est pas juste une action minuscule. C’est
un geste choisi, porteur de sens, qui ouvre une brèche dans l’immobilité. C’est
une manière de dire : « je commence », sans se précipiter.
Par exemple :
- Écrire
une phrase dans un carnet dédié
- Ouvrir
une fenêtre en conscience
- Poser
une main sur son cœur avant une décision
- Ranger
un objet symbolique
- Allumer
une bougie pour marquer un engagement
Ritualiser ces gestes, c’est leur donner une forme, une
intention, une répétition. C’est les inscrire dans un espace-temps qui
soutient.
Créer un espace sécurisant pour le mouvement
Pour que le petit pas devienne possible, il a besoin d’un
cadre bienveillant :
- Un
environnement calme, chaleureux, sans pression
- Un
regard qui accueille sans juger
- Une
temporalité souple, respectueuse du rythme intérieur
En tant que praticienne, il s’agit moins de pousser que
d’ouvrir. C’est plutôt offrir un espace où le mouvement peut naître, même
infime, même fragile.
Exercices :
Le pas du jour
Chaque matin ou à chaque début de séance : je t’invite
à choisir un petit geste à honorer dans la journée. L’écrire, le nommer, le
visualiser. Puis, en fin de journée ou de la séance, revenir à ce geste… l’as-tu
fait ? Comment t’es-tu senti ? Qu’est-ce que cela a ouvert ?
Carnet de petits pas (à créer par toi, pour toi)
Créer un carnet avec des colonnes simples :
- Date
- Geste
choisi
- Intention
- Ressenti
après réalisation
- Mot-clé
ou image associée
Ce carnet devient un témoin du mouvement, une trace douce et
motivante.
Rituel de clôture
À la fin d’un cycle, d’une séance ou d’un mois, je te propose
un rituel de célébration : relire les gestes accomplis, choisir un mot qui les
résume, ou offrir un symbole (pierre, carte, dessin) qui honore le chemin
parcouru.
Le petit pas
Il arrive que l’élan vers le changement se heurte à une
forme d’immobilité.
Non pas un refus, mais une attente… une hésitation… Un vertige devant l’ampleur
de ce qui semble à faire.
Dans ces moments, le petit pas devient un allié.
Il ne force rien. Il propose. Il ouvre. Il ritualise l’action pour qu’elle
devienne possible, douce, soutenante.
Et si aujourd’hui, tu choisissais un seul geste ?
Un geste simple. Un geste juste. Un geste qui dit : « je commence ».
Peut-être écrire une phrase.
Ouvrir une fenêtre. Poser une main sur ton cœur.
Ce geste, tu peux le nommer… L’honorer. Le répéter.
Il devient un rituel… Il devient un chemin.
